Tiocfaidh ár lá [Ft. SASHA S.TODD]

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Connor O'Marshall
On the wrong side of Heaven
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Date d'inscription : 21/07/2018
Lun 6 Aoû - 18:43
Gotham, ville où les illettrés se persuadent que rien est écrit, pourtant il suffit de regarder. Il est écrit partout que les chemins sont guidés. Que chacun naît face à l'avenue qui le mènera à sa fin. En grand sur les murs, dans les hauts parleurs des forces de l'ordre avant les fumigène. Quand le mobile du crime peut-être un mobile dernier cri, tout à chacun cache un criminel.
Gotham.
Gotham, grande, sale et bruyante. L'Humain dans toute sa décadence en fait un chaos permanent. Ses rues sont un capharnaüm de bruits, d'odeurs et de personnes tout aussi différents qu'hétérogènes. En engrenage huilé au sang des masses, la ville tourne et emporte le temps. Certains croient fuir leurs destins dans les douces caresses de l'opium ou se laisse tomber dans l'éthylique des bras de Morphée. Mais ils ne font que s'offrir à la machine géante qui les entoure.
Gotham.
Gotham est comme une femme aimée il y a quinze ans, mais jamais quitté. On reste dans le creux de ses bras en attendant qu'elle nous fasse souffrir. Puis un beau jour, on se jette dans le port avec plus de sel dans les yeux que dans la mer. Et elle, elle ne s'arrête même pas pour regarder. Un autre attend déjà sa place dans ses bras et il sait d'avance que ce sera sa dernière danse. Mais l'homme est aussi stupide que faible, il pense toujours être capable de faire mieux que son prochain.
Mais il y a Gotham... Et Gotham te jettera dans le port.

Connor lui, a sauté volontairement. Après avoir garé sa bécane sur la jetée, il a plongé comme on plonge entre les cuisses d'une femme. Le froid de l'eau mordant sa peau burinée, il a nagé. La digue dans le dos, le long des quais, puis dans le glaz de l'océan.
Au large, il n'y a plus rien que le bruit des vagues et le chant du cormoran. Tous les sens sont submergés par l'onde. Il n'y a plus l'odeur des pots d'échappement, du parfum low-cost porté par des filles hors de prix, juste le sel et le rance de l'eau. Il n'y a plus les coups d'épaule d'étudiants trop pressé et le frottement de pervers dans les transports en commun, juste le ballottement des vagues et la douleur d'avoir trop nagé. Il n'y a plus le stroboscope des ambulances dans les néons des sex-shops, juste l'océan aux quatre horizons. L'assourdissant silence de la houle se mêlait à la seule voix de Con'.

Oh, father why are you so sad
On this bright Easter morn’
When Irish men are proud and glad
Of the land that they were born?
Oh, son, I see in mem’ries few
Of far off distant days
When being just a lad like you
I joined the IRA


Les yeux dans le couchant, il se laissait dériver. Seul face à l'immensité, il pouvait penser sans être distrait. D'heure en heure, son anniversaire approchait. Wojciech, prévoyant, avait commandé plusieurs fûts de Guinness et les Birds of Prey, un groupe de Oi! canadien dont tous les membres avaient été changés plusieurs fois. Et si, la chanteuse actuelle était bien moins convaincante vocalement que la regrettée Jenny Woo, ses taches de rousseurs et ses yeux amandes ne laissait pas Con' indifférent. Il se surpris à imaginer les longs cheveux couleurs Stout d'Eléonore Gröll sur le satin de son oreiller. Son corps d'ivoire dans ses draps aux teintes de l'Irlande. Le cri d'un grisard le ramena à l'humide réalité, bien loin de l'humidité dans laquelle il perdait ses pensées quelques secondes plus tôt. Ses vingt et un ans approchants signifiaient beaucoup de choses. D'abord, Wojciech allait enfin cesser de le chaperonner; ce qui en soit n'était ni une bonne ni une mauvaise chose. Son frère était plein de bienveillance qu'il exprimait souvent avec force. Mais ses opinions divergeaient souvent de celle de Con' et ce dernier avait des projets. Il voulait faire parler de lui et la poudre. Qu'on clame son nom de Gotham à Belfast, comme étant celui d'un héros ou au moins comme celui d'un homme. Il ne voulait plus subir. Si en Irlande c'était les Anglais à Gotham c'était la pègre. Les ordures y fleurissaient comme les lâches en Irlande du Nord. La comparaison entre l'une et l'autre s'arrêtait là, car si en Irlande vingt-six et six faisaient un, à Gotham l'unité était une utopie. Chacun était en guerre contre tous et il n'y avait jamais vraiment de vainqueur.

Tiocfaidh ár lá

Ses mots avaient glissé entre ses lèvres, sans vraiment y croire. Depuis plusieurs années il traînait son cuir et ses combat-boots dans les rues de la cité du New-Jersey. Mais sans vraiment avoir de destination, il faisait du surplace. Autant courir sur un tapis roulant à contresens. A toujours suivre les panneaux toutes directions, il ne débouchait que dans des voies sans issue. Le garage lui permettait de mettre des pâtes dans son beurre, d'autant plus que son frère le laissait se saouler à l'oeil. Du moins tant qu'il gardait ses poings sur le comptoir et sa lame hors des clients. En bref, il buvait gratuitement quelques jours par mois. Il jetait bien plus souvent des bouteilles aux visages qu'à la mer. Et n'avait pas trop de message à faire passer, à part peut-être de la misanthropie crachée en gaélique. Wojciech lui disait souvent d'arrêter de se comporter comme un ados attardé.

Je suis le reflet de mon époque, même mon miroir se fout de ma gueule et pourtant il réfléchit bien plus que moi.

L'ours communiste avait juste répondu d'un soupire et lui avait fait glisser une bouteille de scotch. Le goulot dans la bouche, il parlait beaucoup moins et n'insultait plus les clients.
Le lendemain, sous sa douche, il grinçait des dents. Quand la dure vérité venait frapper dans ses tempes en gueule de bois. Il n'était plus vraiment de l'IRA, était seul au sein du Wolf-Gang, son frère l'aimait avec du jugement dans les yeux. Il était seul avec sa batte et son bistro. Le constat lui foutait bien plus la gerbe que les relents de vodkanabis. Oui, le constat était violent et il n'y avait personne pour le régler à l'amiable.
Ce matin encore dans la moiteur du mois d'Août, la vie lui avait mis un haymaker au petit déjeuner, entre le café et la gitane maïs. Seul face à son reflet dans la cafetière, il se prit à détourner le regard. La veille lui avait laissé une balafre sous l'oeil gauche, il ne se souvenait même plus qui ou pourquoi. Tout ce qu'il savait c'était que le sel de la mer mordait sa chaire. La douleur lui faisait plisser les yeux et à chaque mouvement de visage il souffrait. Prenant une grande inspiration, il entreprit de faire face à la côte.De là où il se trouvait, la lumière du soleil dessinait une ligne menant à Gotham. L'eau polluée avait des reflets aux teintes étranges. Au milieu de la lumière, un hors-bord glissait à pleine vitesse sur les vagues. Le bruit du moteur couvrait tout le reste, l'embarcation dépassa les limites de la rade et fit un virage net. Il n'était qu'à une petite dizaine de mètres de Con'. Dans l'eau, le fils de Détroit s'immobilisa. Craignant autant une patrouille maritime qu'un rafiot mafieu. Quatre personnes se tenaient à bord. Elles semblaient discuter alors que le bateau ralentissait, mais le moteur et la houle en stéréos ne laissait pas beaucoup de place aux voix. Silencieux et à flot, Con' attendait patiemment. Les silhouettes s'agitèrent d'un coup et l'une d'elle fût jeté à l'eau. Dans un vrombissement, le hors-bord reparti immédiatement en direction du port.

Le port de Gotham doit être le seul endroit qui a connu plus de corps que le lit de Gwendolyne.

Ne s'attardant pas plus sur les pensées de son ex, il se lança dans un crawl rapide. L'individu qui venait de plonger semblait être un piètre nageur. Du moins, il flottait comme un pavé à cause des entraves qui liaient tous ses membres entre eux. De plus près, Con' aperçu que la demoiselle - puisque vraisemblablement s'en était une - qui partageait son bain, était aussi charmante qu'en train de se noyer. Sans hésiter, il réveilla le héros qui sommeillait en lui - ou son envie de ne pas rajouter une ligne à la liste des choses dont il se sentait coupable - et se saisit du corps presque inerte de la jeune fille. Lui maintenant la tête hors de l'eau, il tenta de lui faire cracher l'eau qu'elle avait avalée en lui enfonçant un coude dans le ventre. Par chance, la gamine était légère comme une bulle de Guinness. Appliquant toutes ses connaissances de médecine, il lui décolla une gifle monumentale pour la faire revenir à elle. Un cri de douleur s'échappa du poids-mort et un sourire se dessina sous la balafre de Con'.

En général les gens choisissent entre le BDSM et la natation.

Il plongea le vert de ses yeux dans le bleu de les siens, tout en tentant de dénouer les liens qui entravait la demoiselle.

Moi, c’est Connor.
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